Origine des Arquebusiers de France : La Passion des Pionniers
À la fin des années 50, en région parisienne, un petit groupe de collectionneurs passionnés d’armes anciennes se réunit. Considérés comme des « marginaux » à l’époque, ils partagent leurs découvertes et leur savoir, faisant rapidement grandir leur communauté. Rapidement, l’idée de redonner vie à leurs « pétoires » et de faire parler ces armes ancestrales s’impose.
Le début : Il y a peu de documents, mais une soif d’apprendre. L’érudit Maurice Moy, spécialiste des armes, leur apporte une aide précieuse.
L’ambition : Inspirés par les associations de tireurs à la poudre noire aux États-Unis et au Royaume-Uni, ils nourrissent le désir de se structurer pour rassembler les passionnés, même isolés en province.
Premiers Tirs, Premières Victoires
Pierre Johnson, le président du Tir National de Versailles (TNV), soutient ces « fous dégénérés » aux yeux des tireurs traditionnels, et leur ouvre ses pas de tir. Les débuts sont modestes : les balles arrivent dans un ordre dispersé sur des cibles à peine assez grandes !
Mais avec la pratique et la persévérance, les résultats ne tardent pas à s’améliorer. Un entraînement hebdomadaire et un concours interne par mois renforcent la maîtrise technique. Une sous-section « Poudre Noire » est alors créée au sein du TNV, permettant l’organisation de concours officiels, dont le premier a lieu en mai 1962.
Le Vol de leurs Propres Ailes
À la recherche d’une identité propre, la question de s’affranchir du TNV se pose. Le prétexte parfait se présente : le bruit. Malgré leur reconnaissance envers Pierre Johnson, la réduction de leur activité à un seul dimanche sur deux au sein du TNV les pousse à se tourner vers un autre stand. C’est d’abord le stand de Saints (77), puis celui de Vaudoy-en-Brie, grâce au mécénat de Guy Trapenat.
En octobre 1963, la réunion des dix-neuf membres fondateurs officialise la naissance des Arquebusiers de France, reconnue au Journal Officiel le 7 novembre. Gérard Demaison en est le premier président et reçoit la carte de membre n°1. Le nom « Arquebusier » est choisi en référence aux compagnies d’arquebusiers du XVIe siècle.
Le but déclaré de l’association est la sauvegarde du patrimoine historique par la collection, le tir et l’étude des armes. Le premier bulletin bimestriel, lancé début 1964, leur apporte une notoriété grandissante, avec de nombreux abonnés à travers le monde.
Parmi les moments forts de cette période fondatrice :
Le premier concours de l’Entente Cordiale, lancé en juin 1963, qui se déroule depuis alternativement en France et en Angleterre.
La création du règlement instituant un tir de 13 balles (dont les 10 meilleures sont comptées), une règle conçue pour garantir la participation de tous.
Dès l’origine, les Nantais sont les premiers adhérents de province. Pour résoudre les divergences, le président Demaison leur confère une autonomie structurelle. C’est ainsi que de nombreuses sections de province, comme les Arquebusiers du Maine, voient le jour sous la bannière des Arquebusiers de France.
Les Arquebusiers du Maine : Une Identité Propre
En 1993, l’aventure des Arquebusiers du Maine débute avec trois passionnés de la Sarthe. Ils rejoignent d’abord les Arquebusiers Nantais (devenus la Duchesse Anne) et participent au 26e rassemblement national.
En 2007, ils décident de fonder leur propre section pour forger une identité plus proche de leurs racines. Leur demande est validée par les instances dirigeantes des Arquebusiers de France, et ils prennent le titre d’Arquebusiers du Maine.
Les membres à l’origine de cette mutation sont :
Bernard Simon (n° 3042)
Vincent Rey (n° 3789)
Frederic Cherrier (n° 4035)
Denis Lesellier (n° 4036)
Claude Luneau (n° 4037)
Cette nouvelle identité renforce la cohésion et le sentiment d’appartenance. D’autres membres les rejoignent, et en 2011, ils organisent leur premier challenge annuel sous l’égide du club STB72 de Beaumont. Le rendez-vous a lieu le premier week-end d’octobre, et ne cesse de perdurer depuis.
Par Bernard Simon
